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 Hyperactif ? Non, juste turbulent !

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Caniston
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MessageSujet: Hyperactif ? Non, juste turbulent !   Mer 24 Juin - 18:18

« Il ne serait pas hyperactif, votre bulldozer ? » Aujourd’hui, les petits qui ont du mal à tenir en place sont immédiatement taxés d’enfants hyperactifs. A tort le plus souvent ! Mise au point sur le vrai syndrome TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec Hyperactivité) avec une pro.

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« Une vraie pile électrique ! Il m’épuise à s’agiter sans arrêt ! C’est un hyperactif, tu devrais l’emmener chez le médecin pour le faire soigner ! », s’exclame la grand-mère de Théo, 4 ans, chaque fois qu’elle le ramène chez sa fille après l’avoir gardé le mercredi après-midi. Depuis une quinzaine d’années et à force d’en entendre parler dans les médias, les parents et même les enseignants ont tendance à voir de l’hyperactivité partout ! Tous les enfants un peu turbulents, avides de découvrir le monde, souffriraient de cette pathologie.
La réalité est autre.



Selon différentes enquêtes mondiales, l’hyperactivité ou TDAH touche environ 5 % des enfants de 6 à 10 ans (4 garçons pour 1 fille).

On est loin du raz-de-marée annoncé ! Avant 6 ans, on est plutôt face à des enfants qui n’arrivent pas à contrôler leurs comportements. Leur excès d’activité et leur manque de concentration ne sont pas l’expression d’un trouble isolé, mais ils sont associés à de l’anxiété, de l’opposition face à l’autorité et des troubles de l’apprentissage.

Perturbant, mais pas pathologique

Il est certain que les parents qui ont une vie hyper remplie aimeraient se retrouver le soir et le week-end face à des petits anges ! Mais les tout-petits sont toujours en mouvement, c’est de leur âge ! Ils font connaissance avec leur corps, développent leur motricité, explorent le monde.

Le problème, c’est qu’ils n’arrivent pas à gérer leur excitation corporelle, à poser des limites, il leur faut du temps pour trouver en eux la capacité d’être calme.

En particulier ceux qui sont en collectivité. C’est plus stimulant et riche en activités, mais c’est aussi plus excitant. Quand ils rentrent le soir, ils sont fatigués et énervés.
Face à un enfant très remuant qui ne finit jamais ce qu’il a commencé, zappe d’un jeu à un autre, vous sollicite toutes les cinq minutes, il est difficile de garder son calme, mais il est fondamental de ne pas s’énerver. Même quand l’entourage en rajoute : « Mais tu ne sais donc pas le tenir ! Tu ne fais pas ce qu’il faut ! », car bien sûr, si un enfant trop speed est souvent mal vu, ses parents aussi !



Canaliser son excitation

Alors comment réagir ? Si vous élevez la voix, lui ordonnez de se tenir tranquille, de se calmer, il risque d’en rajouter en balançant tout ce qui lui tombe sous la main… Non pas parce qu’il est désobéissant, mais parce que vous lui demandez ce que justement il n’arrive pas à faire. Comme l’explique Marie Gilloots :

« Un enfant turbulent est incapable de se contrôler tout seul.

Lui intimer d’arrêter de gigoter, le gronder, c’est lui attribuer une intentionnalité. Or, l’enfant ne choisit pas de s’agiter, et il n’est pas en état de se calmer. » Dès qu’il s’agite trop, mieux vaut lui dire : « Je vois que tu es excité, on va faire quelque chose pour que tu te calmes, je vais t’aider, ne t’inquiète pas. » Faites-lui un câlin, donnez-lui à boire, chantez-lui une chanson… Soutenue par votre engagement, votre "boule de nerfs" va redescendre en tension et apprendre à gérer son excitation avec des gestes apaisants, des plaisirs physiques tranquilles.

L'aider à se dépenser 

Un enfant agité a besoin de nombreuses occasions de se dépenser et d’exprimer sa vivacité.

Mieux vaut aménager votre mode de vie et vos loisirs en tenant compte de cette particularité. Privilégiez les activités physiques à l’extérieur. Offrez-lui des moments de liberté, mais faites attention à sa sécurité, car les petits turbulents sont impulsifs et se mettent facilement en danger en escaladant les rochers ou en grimpant aux arbres. Une fois qu’il s’est bien défoulé dehors, proposez-lui également des activités tranquilles (puzzles, des jeux de loto, cartes…). Lisez-lui des histoires, proposez-lui de faire ensemble des crêpes, de dessiner… L’important, c’est que vous soyez disponible pour lui, que votre présence et votre attention canalisent son activité désordonnée.


Pour améliorer sa capacité à se concentrer, la première étape, c’est de faire l’activité choisie avec lui, et dans un deuxième temps, de l’inciter à la faire tout seul.

Un autre moyen d’aider un petit agité à calmer le jeu est d’aménager des moments de transition, des rituels apaisants au moment du coucher. Les enfants speed sont en mode on/off, ils passent de l’état de veille à celui de sommeil en "tombant comme une masse". Les rituels du soir – berceuses fredonnées, histoires chuchotées – les aident à découvrir le plaisir de s’abandonner à la rêverie, à l’imaginaire, à la pensée plutôt qu’à l’action.

D’autres explications à son agitation

On peut arguer que certains enfants sont plus turbulents que d’autres, que certains ont un tempérament explosif, fonceur, d’autres un caractère plus posé et introspectif. Et on aura raison. Mais si on cherche à comprendre pourquoi certains sont si agités, on s’aperçoit qu’il existe d’autres causes que l’ADN et la génétique. Les enfants "tornades" ont besoin plus que d’autres qu’on réaffirme les règles à respecter, les limites à ne pas dépasser. Ce sont aussi des enfants qui manquent souvent de confiance en eux. Certes, ils n’ont aucun doute sur leurs capacités physiques, mais ils manquent d’assurance quand il est question de leur capacité à penser et communiquer.


Voilà pourquoi il est important d’encourager votre mini-cyclone à passer par la parole, plutôt que par les actes.

Faites-lui découvrir qu’il y a un plaisir à parler, à se poser, à écouter une histoire, à discuter. Incitez-le à vous raconter ce qu’il a fait, ce qu’il a regardé comme dessin animé, ce qu’il a aimé dans sa journée. Le manque de confiance en soi des enfants trop remuants est aussi renforcé par leur difficulté à s’adapter aux rythmes scolaires, à la pression de l’école. L’enseignant leur demande d’être calmes, de rester bien assis sur leur chaise, de respecter les consignes… Mal supportés par les enseignants qui ont beaucoup d’enfants à gérer dans leur classe, ils sont également mal supportés par les autres enfants qui les considèrent comme de piètres camarades de jeu ! Ils ne respectent pas les règles, ne jouent pas collectif, arrêtent avant la fin… Le résultat, c’est qu’ils ont beaucoup de mal à se faire des copains et à s’intégrer au groupe.

Si votre petit est une pile électrique, n’hésitez pas à en parler à sa maîtresse.

Veillez à ce qu’il ne soit pas systématiquement désigné, par l’enseignant et les autres enfants de la classe, comme « celui qui fait des bêtises », « celui qui fait trop de bruit », car cette stigmatisation aboutit à ce qu’il soit exclu du groupe. Et cette exclusion renforcera son agitation désordonnée.

L’excès d’activités, le signe d'une insécurité

L’excès d’activités d’un tout-petit peut aussi être lié à une inquiétude, une insécurité latente. Peut-être se fait-il du souci car il ne sait pas qui va venir le chercher à la garderie ? A quelle heure ? Peut-être a-t-il peur de se faire gronder par la maîtresse ? etc. Discutez-en avec lui, incitez-le à dire ce qu’il ressent, ne laissez pas s’installer un malaise qui renforcerait son agitation.



Et même si ça vous permet de souffler, limitez le temps passé devant les écrans (télé, ordi…) et les images trop excitantes, car ils majorent l’agitation et les troubles de l’attention.

Et une fois qu’il a terminé, demandez-lui de vous raconter l’épisode du dessin animé qu’il a vu, en quoi consiste son jeu… Apprenez-lui à mettre des mots sur ses actes. En général, le trop-plein d’activités s’arrange avec l’âge : à l’entrée au CP, le niveau d’agitation a globalement baissé. C’est vrai pour tous les enfants, ça se fait naturellement, précise Marie Gilloots : « Pendant les trois années de maternelle, les trublions ont appris à vivre en collectivité, à ne pas faire trop de bruit, ne pas gêner les autres, être physiquement plus calmes, rester assis et faire attention à leurs affaires. Les troubles de l’attention s’arrangent, ils arrivent à mieux se concentrer sur une activité, à ne pas zapper tout de suite, ils sont moins facilement distraits par le voisin, un bruit. »

Quand faut-il consulter ?

Mais parfois, rien ne s’arrange, l’enfant est toujours aussi ingérable, il est signalé par la maîtresse, exclu des jeux collectifs. Se pose alors la question d’une vraie hyperactivité, et une confirmation du diagnostic par un spécialiste (un pédopsychiatre, parfois un neurologue) est à envisager.


Le bilan médical se compose d’un entretien avec les parents et d’un examen de l’enfant, afin de détecter d’éventuels problèmes coexistants (épilepsie, dyslexie…).

La famille et les enseignants répondent à des questionnaires destinés à évaluer l’intensité et la fréquence des symptômes. Les questions peuvent concerner tous les enfants : « A-t-il du mal à attendre son tour, à rester sur une chaise ? Perd-il ses affaires ? », mais chez les hyperactifs, le curseur est au maximum. Pour aider l’enfant à retrouver une capacité à être tranquille,

le psychiatre prescrira parfois de la Ritaline, un médicament réservé aux enfants chez qui les troubles perturbent trop fortement la vie sociale ou scolaire.

Comme le souligne Marie Gilloots : « Il faut rappeler que la Ritaline est dans la catégorie des stupéfiants, des amphétamines, ce n’est pas une vitamine "qui rend sage" ». C’est une aide passagère parfois nécessaire, car l’hyperactivité est un handicap. Mais la Ritaline ne résout pas tout. Elle doit être associée à une prise en charge relationnelle (psychomotricité, psychothérapie, orthophonie) et à un fort investissement des parents qui doivent s’armer de patience, car la guérison de l’hyperactivité prend du temps. »

Catherine Marchi
avec Marie Gilloots, pédopsychiatre, chef de service du pole de psychiatrie infanto-juvenile de Nanterre.

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